dimanche 29 octobre 2006

Il voyage dans les cases pour de l'argent

Jean Claude Forest est l'auteur de Barbarella, reconnue comme étant la première BD adulte, parue en 64. Son dessin est magnifique, les dialogues savoureux et les histoires déjantées. Il n'a publié que très peu d'ouvrages, compte tenu de sa longue carrière. On passera vite sur ses Charlot publiés par la SPE. Il n'a dessiné que 3 des 4 Barbarella, 3 Hypocrite, Mystérieuse et 2 albums chez Casterman. Ses histoires pour d'autres sont légendaires (Ici Même pour Tardi et Le roman de Renart pour Cabanes) ou le méritent (Il faut y croire... pour Bignon et Leonid Beaudragon pour Savard).
Forest a été grand prix d'Angoulême, grâce à Gillon, qui essayait d'apaiser leur fâcherie (Forest mis fin à leur collaboration à la fin du #4 des Naufragés du temps). Forest est un des plus grand !!
Dans Il faut décoder l'Etircopyh, il rend hommage à Lob ("Lob l'ancien") et à Fred ("le Freddy-Fred"). Et fait un clin d'oeil discret sur cette case, à la série drolissime d'Alexis et Fred Ils voyagent dans le temps pour de l'argent (rebaptisée Timoléon).

Forest : Barbarella

Le colporteur obtus, un peu simple et vorace se retrouve dans les flots... étrangement.

jeudi 26 octobre 2006

Les héros ne meurent jamais

Les auteurs ont parfois du mal à abandonner leurs héros.
C'est le cas de Franquin avec le marsupilami. Ayant repris la série "Spirou et Fantasio" à Jijé qui la tenait de Rob-Vel, il y a introduit le marsupilami. C'est une de ses créations, mais c'est la principale. Aucun des repreneurs (Fournier, Nic & Cauvin, Tome & Janry, Morvan & Munuera) n'a pu l'utiliser par la suite... D'autant qu'une série dédiée à cet animal (lamentable) est née par la suite, aux éditions Marsu Prod.

Cependant, chacun de ses successeurs s'est débrouillé pour le faire apparaitre (peluche, poster), comme Franquin ci-dessus, dans "Gaston Lagaffe".
*
Lewis Trondheim (notre président) est un adepte des références. On le sait champion des messages cachés, mais il fourmille également d'auto-références, comme si son univers formait un tout, un peu comme celui de Joan Sfar.

Ainsi, dans Approximativement, on trouve des références ouvertes à "La mouche" et d'autres cachées à Moins d'un quart de seconde pour vivre, au Dormeur. Dans Lapinot on retrouve le héros de Psychanalyse, d'autres des aventures sans Lapinot et une référence à Donjon. Dans Les aventures sans Lapinot, on découvre La mouche, Lapinot et le personnage de Psychanalyse.

mardi 24 octobre 2006

NogegoN

 NogegoN est une BD de Schuiten et Peeters, parue en 90. C'est un album oubapien, basé sur une parfaite symétrie, dont le point est au milieu de l'album, entre les pages 36 et 36'. 

L'histoire raconte l'enquête d'un contrôleur, qui a les refusés (les hommes dont la vie est asymétrique) en horreur. Le ville principale de NogegoN a pour nom Dramard (et ses quartiers 1771, 3773 et 858), l'héroïne Nelle devient Nellen, comme Olive dont elle est à la recherche, devenue Olivilo. Les habitants s'appellent Silis, Natan. Chacun d'entre eux est sous la tutelle d'un collecteur d'axystes, qui veille à la symétrie de leur vie.
Passé ce centre de symétrie, les choses vont à l'envers. Nellen, qui haïssait Natan, commence à l'aimer. Les erreurs des uns deviennent celles des autres. Chaque rencontre se transforme en séparation... L'histoire commencée avec un contrôleur borné se termine avec un surenquêteur en proie au doute sur le bienfondé de l'axisme.
"Rien n'est plus ennuyeux que de savoir ce qui va nous arriver. En fait, la symétrie est un principe stupide." 
Voila pour l'histoire. Pour la forme, l'image ci-dessus nous en donne un bon exemple. Il s'agit des pages centrales de l'album. Les champs deviennent contre-champs, les coups, étreinte... La taille et la forme des cases sont identiques, et les personnages représentés sont les mêmes.
Schuiten a du travailler sur les 56 pages à la fois. Il avoue n'avoir jamais rencontré de telles difficultés à résoudre. Je suis très admiratif de cette figure de style, d'autant qu'elle engendre une histoire lisible, assez longue, au contraire des expériences Associatives Menuesques  un peu stériles.

lundi 23 octobre 2006

A travers la terre dévastée

Jérémiah raconte les errances de 2 amis à travers un monde dévasté après une guerre mondiale. Tout manque, tout est à reconstruire. On est dans une sorte de far-west où la loi du plus fort est de rigueur. On trouve ça et là des havres de paix, hyper protégés du monde extérieur, mais qui le sont devenu au détriment de la liberté... Des multiples sectes se développent, profitant de la misère et du désespoir. Mais la série a du mal à se renouveler, l'auteur réutilise les mêmes recettes...
Hermann, l'auteur, ne propose jamais de vision très optimiste de l'humanité. Il a écrit par ailleurs Sarajevo tango, très critique vis à vis de l'action de l'ONU (les soldats ont des casques semblables aux bonnets des schtroumpfs). Il est également l'auteur de la série moyenageuse Les tours de Bois-Maury, des séries Comanche et Bernard Prince (avec Greg), du carnage absurde Lune de guerre (avec Van Hamme au scénario). 
Marini est un dessinateur efficace, sans reproche. Au milieu de ses diverses séries, moyennes (Olivier Varèse, Gipsy, Rapaces et Le Scorpion), on trouve une histoire qui sort un peu du lot : L'étoile du désert est un western en 2 tomes (dans le genre d'Impitoyable).

Dans la cabine du Gipsy (série qui se déroule dans un avenir assez proche et aussi sombre que celui de Jeremiah) on remarque le casque de Kurdy, ami filou du héros pur. Ce casque est présent dans Le cycle de Taï-dor (mais je n'en suis pas sûr-sûr) et dans le jeu "trouvez les 10 séries cachées dans cette case" de Lanfeust de Troy.
On retrouve Hermann chez Dany, où il est l'un des dessinateurs hypnotisés par le collier porté par Colombe. On retrouve des personnages de Bernard Prince ou de Comanche dans quelques Cubitus de Dupa. Dans Chick Bill de Tibet, un bandit s'appelle Jeremiah et ressemble furieusement à Hermann. Ces auteurs étaient des collaborateurs de Greg et présents dans le journal de tintin.
Dans le western de Swolfs Durango, apparaissent Red Dust et Duncan.
Dans Luka, un des bateau est le Cormoran, son équipage est au complet.
Jarbinet réalise un bon clin d'oeil dans les Mémoires de cendres, où on rencontre Aymar et son écuyer.
Dans ces cas, c'est l'époque et le lieu qui entrainent la référence.

dimanche 22 octobre 2006

A l'attac !!

Philippe Squarzoni est un jeune auteur militant. Dire qu'il est dessinateur de bandes dessinées est un peu exagéré, étant donné qu'il est très mauvais gribouilleur, qu'il ne dessine quasiment que d'après photos... Cependant, une BD (mis à part le scénario) n'est pas faite que d'un beau dessin. La mise en page est un élément essentiel. Ses BD le mettent en scène, sont des BD-reportages, comme les derniers ouvrages de Davodeau, dans la lignée de Spiegelman et Sacco.
Une des qualités de Squarzoni est de manier les images, les parrallèles entre diverses situations, très éloignées. Aussi, dans Dol, on verra apparaitre Charlot, Maître Yoda, Terminator ou Shrek dans notre monde. Mais aussi Chirac et Jospin dans celui de Charlot.
Dol, de la même manière que ses livres précédents (Garduno en temps de Paix et Zapatta en temps de guerre) est un livre très pédagogique, très instructif, bien documenté. Il s'attache à la période "Raffarin", à la montée discrète des injustices sociales en France. Les médias sont une de ses cibles principales : ils relatent éventuellement les faits, mais ne se projètent pas, ne se posent pas les vraies questions.
J'aime ses livres, parcequ'ils me réconfortent dans mes idées intuitives (partage et humanisme), tout me parait si limpide après leur lecture. Et j'aimerai les faire lire à des gens de droite, qu'ils se rendent comptent enfin !!! Mais je n'en connais pas, ah mais si ! J'ai une tante Balladurienne (n'importe quoi !). Le problème des ouvrages partisans, comme des meetings politique, c'est que les opposants n'y vont pas. Moi le premier. Ces moments ne sont pas des temps de débats.
Ce livre me rassure, on est plusieurs à gauche gauche ! Ouf !

samedi 21 octobre 2006

Du crayonné à l'encrage

Peu de dessinateurs encrent directement leurs planches. L'étape crayonnée est nécessaire à la mise en place des personnages sur une case, des cases sur une planche. Cette étape peut être très poussée (ici on trouve un exemple intéressant). 
C'est souvent la même personne qui réalise ces 2 étapes.
Sauf quand le dessinateur est débordé, il peut ne réaliser que le storyboard (son nom apparait quand même sur la couverture, pour un travail limité, et l'album se vend très bien). C'est le cas de Vatine, auteur de la série à succès Aquablue, qui, devenu directeur de label chez Delcourt, ne sait plus dessiner (à ne pas lire son désastreux Angela).
Sauf également dans le cas où le dessinateur est vieux, quand il a un atelier et des assistants. Le maître ne s'occupe que de l'encrage du héros, laisse les crayonnés et les seconds couteaux aux seconds couteaux.

Le crayonné est d'Andréas et l'encrage de Paape (le vrai dessinateur de l'histoire, enfin, celui dont le nom est sur la couverture). A mon avis, le résultat perd la force et le naturel de l'esquisse.
Au contraire, les auteurs de comics américains sont ceux qui font le crayonné. L'encreur n'est pas crédité en couverture.
Tout ça pour arriver à la question : du crayonneur et de l'encreur, qui dessine ?
 
Andréas a encré une histoire de Foerster, expérience qu'il a dit ne plus vouloir refaire.
Les styles des deux auteurs sont très différents. Celui de Foerster est très peu réaliste (il dessine des histoires de monstres dans Fluide Glacial) et assez classique (dans la mise en page, l'encrage...) alors qu'Andréas explose les conventions de la narration. Il s'est trouvé prisonnier du dessin de son ami, il n'a pu s'exprimer que sur les ombres et les lumières. Quand on regarde la BD à plus d'un mètre, c'est du Andréas... plus près, c'est Foerster.
L'encrage est un travail de petites mains, assez répétitif. Andréas qui se considère comme un piètre dessinateur, prend plus de plaisir à imaginer l'histoire et la façon de la raconter... c'est à dire jusqu'au crayonné.
A mon avis, l'auteur est le crayonniste. Si l'encriste travaille à partir d'un storyboard, le résultat appartient aux deux artistes.

jeudi 19 octobre 2006

Le fétiche Arumbaya

Lorsqu'un auteur dessine un décor et la multitude d'objets qui le compose, il peut lui arriver de s'ennuyer, de laisser son imagination vagabonder... et s'amuser à dessiner des objets mythiques. Dans Tintin, il n'y en a pas tant que ça. D'ailleurs, il suffit de regarder au dos d'une vieille édition, où Tintin nous présente un tableau avec l'intégrale de l’œuvre d'Hergé :
Un cigare avec le signe de Kih-Osk, le vase du Lotus bleu, le fétiche Arumbaya, le sceptre d'Ottokar, une boite de crabe, un champignon qui fait boum, une maquette de bateau, un totem du chevalier de Haddoque, une fusée lunaire... ah ben si quand même.

Les plus souvent représentés (je n'ai pas fait de vrai total) sont : le fétiche de L'oreille cassée et la fusée lunaire. Le fétiche prend place très souvent dans des étagères de grands voyageurs, de scientifiques (anthropologues)...


Les images sont tirées du Dick Herisson de Savard, du Cycle de Taï-dor de Serrano et de Lily Love Peacock de Fred Bernard.

mercredi 18 octobre 2006

Leçon de géographie

Lou ! est une nouvelle série du magazine Tchô !, de la bande à Titeuf. C'est une revue pour jeune ados avec des séries au dessin bien léché, dans la ligne claire (Boulet et sa Rubrique scientifique ou Raghnarok, Téhèm avec Malika Secouss ou Zap collège), ou un peu gros nez (Samson et Neon ou Bogzzz).
A Bourbaki on est assez fans, en particulier de Raghnarok, Malika Secouss et Tony et Alberto. Il s'agit souvent de gags en une planche, souvent assez réussis. Il existe de nombreux clins d’œil d'un auteur à un autre, au sein même de ce journal.
Mais ici, point. La référence est dans la bulle. Elle n'est pas évidente, pourtant...

Neel : Lou !

Le cours d'histoire est mot pour mot le texte du prospectus que lit Tintin dans l'avion en direction de la Syldavie dans Le sceptre d'Ottokar.

mardi 17 octobre 2006

Le cycle des clins d'oeil

En plaçant hier ce clin d’œil parmi mes préférés, j'ai entendu  tous les autres me dire qu'ils en valaient autant. Je leur ai expliqué que je ne pouvais pas les mettre tous... ça râlait toujours. Donc...
Le cycle de Taï-dor est dessiné par Serrano, puis par Foucroule à partir du #7, et je ne suis pas sûr qu'il y ai eu un suivant. Serrano n'a rien dessiné depuis 94, et n'avait fait qu'un seul album auparavant. Le destin des dessinateurs est réglé par un pendule fou.
Les scénaristes de la série sont Letendre et Rodolphe. Le premier est l'excellent auteur de La quête de l'oiseau du temps et des albums mythologiques dessinés par Rossi (Tiresias et La gloire d'Hera). Rodolphe a écrit de très belles histoires magnifiquement illustrées par Florence Magnin (Marie la noire et L'autre monde). Il a aussi créé L'inspecteur Raffini pour Ferrandez. Les deux hommes ont également scénarisés de conserve un ou deux épisodes de Jerome K Jerome Bloche pour Dodier. J'ai cité une partie de leur production parceque Serrano s'est amusé à y faire référence. 

Bon, comme d'habitude, on ne voit pas très bien, mais faites moi confiance : en couverture du journal, on lit "Encore une bavure de l'inspecteur Raffini". Sur l'épaule d'un passant, on voit bien le fourreux, créature légendaire et bleue de La quête. Et même, entre le chaperon rouge et la dame en rose, on distingue un peu Bragon, héros de cette aventure. Pour finir, dans la foule suivante, on découvre un Jérome K Jérome hilarre (en bonus, il y a même le Major Grubert, en bas à droite).
Les auteurs participent même à la fête donné en l'honneur du mariage princier. 

Tintin est représenté à de nombreuses reprises (dont voici quelques maigres exemples). 

Sur la première case, on ne voit pas Tintin, mais on reconnait aisément le professeur fou le l'observatoire de L'étoile mystérieuse, et une affichette représentant l'araignée de cauchemar de cette même histoire. Sur la 2ème case (qui d'origine est beaucoup plus grande, avec plein de gens) on trouve facilement Tintin (qui apparemment a du mal à s'y retrouver) et Serrano au premier plan, avec un scénario signé Letendre et Rodolphe. Bon, sur la 3ème case, Tintin est assez visible. Mais quand même, il ne faut pas réduire le mérite du chasseur que je suis : la case est grande, Tintin est dans un coin, déguisé en plus... ouais, bon, il n'était quand même pas trop dur à trouver.
Ce clignement-ci est un de mes préférés, parcequ'il m'a également bien résisté. 

Même avec la référence notée sur mes fichiers (n° du tome et de la page), j'ai eu du mal à retrouver le chien le plus bête de l'ouest.

lundi 16 octobre 2006

Le bandard de Taï-Dor

La série Le cycle de Taï-Dor est un vrai régal pour le clignophtalmophyle que je suis. Il y en a partout ! Des minuscules signes de "Kih-osk", des têtes de Lucky Luke en guise de décoration de meuble, des schtroumpfs dans la forêt... La première lecture en laisse de coté, on en trouve des nouveaux à la deuxième et on en découvre encore à la troisième.

Serrano, Le Tendre et Rodolphe

Serrano y fait de très nombreuses référence à l'album Le garage hermétique de Moebius. Le héros, le major Grubert, est facilement reconnaissable avec son casque colonial à pointe. Il est présent dans des scènes de foule. Ici, on retrouve un autre de ses personnage : le bandard fou ! Pour rentrer dans la ville, dont la porte est gardée, il doit dissimiler son érection, et s'impovise donc marchand de petites fleurs jaunes... On le retrouve dans cette BD le temps de cette case.
J'aime bien celui-là parce qu'il m'a bien résisté. Je ne l'ai trouvé qu'à la 4ème ou 5ème lecture.

samedi 14 octobre 2006

Des auteurs en visite

Une semaine après Prudhomme, Bédélire invite Blutch le toulousais et Berberian le parisien de Dupuy et Berberian. S'ils veulent continuer sur cette lancée, il va falloir déterrer Forest... Prudhomme est venu saluer les auteurs, en particulier Blutch. Mais il est assez renfermé, limite bougon. Et Berberian assez ouvert, boute en train, très sympa, jovial... Il attire donc plus l'attention, et a discuté 2/3 minutes avec Prudhomme.

Il y avait 3 chasseurs d'autographes, dont la c*%$*se de la semaine dernière. Ils ont l'air de bien se connaitre, ils se filent des infos, des trucs à faire signer pour un festival (il y a au moins un festival par week-end à proximité !)... Le type devant moi en était à sa 10ème dédicace de la journée (il y avait 3 autres endroits de la ville, dont un centre commercial, où des auteurs étaient présents).
Bon, je n'ai pas trop discuté avec Blutch, en plus il a la sale habitude de dessiner sur ses genoux, ce qui fait qu'on ne voit rien. Il s'est amélioré parce qu'avant il se mettait en arrière sur sa chaise, le dossier appuyé contre le mur. Blutch, c'est quand même mon héros, mon meilleur. Pour preuve : il me déçoit de temps en temps. Berberian discutait avec un de ses amis quand mon tour est arrivé... Il a demandé à la cantonade nos impressions sur le dernier Lucky Luke, évidemment, il a dit "c'est de la merde". Mais je lui ai quand même rappelé que ça fait un moment que c'en est. On est passé sur Astérix (même condamnation unanime) et sur les reprises décevantes de "Blake et Mortimer" par Juillard, de "Nestor Burma" par Moynot...
En fait, j'ai surtout discuté avec les libraires.
Ce fut une aprèm sympa.

vendredi 13 octobre 2006

Le clin d'oeil de la mort

Je n'ai pas trouvé ce clin d'oeil (j'ai du le lire dans Bo Doï). Je cherche habituellement dans les trucs possibles. Ici c'est trop fort !
On est dans Largo Winch, une série à succès de Van Hamme (qui les collectionne avec Thorgal et XIII) dessinée par Francq.

Allez, je vous laisse 3 secondes.
Bon, il faut chercher un visage, un type un peu chauve avec des lunettes rondes et un gros nez...
Encore 2 secondes... solution :

Le message découvert

Lewis Trondheim (le dernier grand prix du festival d'Angoulême et donc le prochain président) s'est amusé à cacher le message "Le message caché" dans ses premières BD, et tous les Lapinot.

Il est assez facile à trouver sur cette image tirée d'Approximativement. Voyons avec celle-ci :

Outre l'affiche représentant l'hydre à 6 têtes, symbole de l'association, on peut trouver le message, un peu mélangé, dans les enseignes des magasins. Allez, encore plus dur (j'ai carrément cadré l'image sur le message) :
 
Faut avoir été boy-scout pour trouver ce clin d’œil toujours près (EISH TMOCH LYFQ...). C'est en morse dans un coin sombre de la cave...

Trondheim n'est pas le seul à jouer à ce petit jeu : Robin, Masbou et Turf s'y sont employés.
On trouve d'autres types de messages cachés : des clins d'oeil du dessinateur au coloriste (Serrano à Chagnaud dans Le cycle de Taï-Dor), des jeux (dans les Lanfeust), des phrases subliminales (dans Trolls de Troy et Garulfo), dans les petits phylactères des chuchottements (dans Odilon Verjus et Léo Loden).

jeudi 12 octobre 2006

Giraud-Nemo

Giraud est un auteur exceptionnel. Il bouillonne d'idées, a remis son dessin et sa narration en question, et a réussi à se libérer de son héros en devenant quelqu'un d'autre. Il est une référence, y compris pour les petits nouveaux indépendants qui détestent toutes les vieilles choses (hormis Franquin).
Jean Giraud a débuté avec Joseph Gillain, alias Jijé. Il l'a assisté sur Jerry Spring, Western parraissant chez Dupuis. Quand Giraud a lancé sa série avec Charlier, Blueberry, un Western également, Jijé l'a aidé quand il ne pouvait pas terminer ses planches (certaines pages et la couverture de Fort Navajo sont signées Jijé). En 68, il participe à la rebellion chez Pilote, il est l'un des plus virulents à l'égard de Goscinny. A la mort de Charlier, il reprend le scénario seul. Les descendants du scénariste le freinent dans ses délires... Il arrive tout de même à faire vivre à Blueberry, amateur de grands espaces, un album autour d'une table de poker. Il se fait descendre à la fin de cette aventure, et passe la suivante allongé, convalescent.
Ses personnages sont souvent repris, principalement les acolytes de Blueberry, et en particulier cette vieille outre de Jim McClure.

Derib, qui dessine un Western plus centré sur l'homme et sa vie de trappeur, fait apparaitre Jim le temps d'une petite séquence dans le #11 de Buddy Longway. Giraud apparait même sous son propre nom dans le # suivant. Dans Go West, scénarisé par Greg, un des témoins de la fortune du héros est bien McClure. Vern le fait apparaitre également sur une case de Sixties Nostalgia.
En fait, de nombreuses apparitions de McClure sont tellement bien que je les garde pour mes préférés (et puis surtout, je n'ai pas forcément les BD sous la main). Jijé a représenté son élève dans le #8 de Jerry Spring, un reporter nommé Juan Giraudo.
Giraud est devenu Gir puis Moebius. Le style devient plus épuré, les histoires plus adultes. Il a fondé Métal Hurlant avec Dionnet et Druillet et y a créé Le bandard fou, Arzach, Le garage hermétique (histoire sans scénario, en écriture automatique), L'incal, une adaptation de Little Nemo pour Marchand... 

Arzach est souvent représenté par d'autres auteurs (ici Pétillon et Léturgie).

mercredi 11 octobre 2006

Natacha dans le cirage

Walthéry est un grand amateur de clins d’œil. Il a même fait une histoire de Natacha où tous les passagers sont des dessinateurs du journal Spirou. Ses cibles sont souvent ses collaborateurs : Peyo, Gos, Delporte et Tillieux.

Walthéry : Natacha

J'aime celui là parcequ'il est évident, mais pas tant que ça. Les deux gamins avec leurs sacs à dos sont Blondin et Cirage, héros du maître Jijé.

mardi 10 octobre 2006

Et maintenant, tout le monde le sait...

Voici le résultat de la question posée il y a deux jours (ah, j'aime bien les concours moi en ce moment).
C'était quand même pas dur ! Une série de BD que tout le monde a chez lui... C'est Asterix bien sûr. L'amnésie est celle de Panoramix notre druide, qui du coup (c'est le cas de l'écrire) ne sait plus cuisiner la potion magique.
Le scénariste : c'est René Goscinny, bien entendu !

Il a repris Lucky Luke pour Morris, et lui a donné une autre dimension. Il a créé Astérix, Le petit Nicolas (bon anniversaire au grand !), Les dingodossiers... Et Pilote, le magazine qui s'amuse à réfléchir...
Ses BD étaient remplies d'humour subtil et de gags "peau de banane", pour les grands et les petits. Après 1977, ces séries n'ont plus aucun intérêt. Les multiples scénaristes de Lucky Luke ont raté leurs misions (Vidal, De Groot, Yann, Léturgie, Fauche, Adam, Vicq...), c'est mou, pas drôle, nul. Astérix a été repris par Uderzo seul, se croyant garant de l'esprix Asterixien... mais il n'est qu'un gribouilleur... Astérix c'était Goscinny, avec n'importe lequel des dessinateurs ! Sa reprise est lamentable.

lundi 9 octobre 2006

Prudhomme à BDlire

Samedi, Prudhomme était "en dédicace" à la librairie BDlire. Il avait peur de ne pas avoir de chaland : il a demandé à ne pas être seul. Troub's l'accompagnait donc, et lui, le pauvre était vraiment seul... il a du faire 2 dédicaces dans l'aprèm.
Je n'en reviens pas qu'il y ai ici aussi des sacs qui fassent la queue, comme à Angoulême, et maintenant dans tous les festivals. J'étais devant la table quand les dessinateurs sont arrivés... derrière 2 sacs. Quand la vieille c**sse est arrivée, elle m'a fait remarquer qu'elle était derrière le monsieur, qui entre-temps avait prit la place de son sac. Je la laisse passer, pas envie d'un scandale, en lui disant qu'elle n'était pas derrière le monsieur, mais que son sac était derrière le sac du monsieur... Elle marmonne c'est pas possible c'est incroyable... Houla, ça ne commençait pas bien, j'ai bien failli partir...
Mais finalement, je suis resté jusqu'au bout. 5 personnes seulement sont passées. La Marie en plastique est la BD du siècle, et on était une demi-douzaine !!!

On a discuté de nos goûts, de sa façon de travailler... de choses et d'autres. Ca, on avait le temps... où sont-ils tous ces amateurs de BD ? Il m'a invité dans son atelier, où ils travaillent à 8 (mais ne sont jamais au complet).
C'était finalement une bonne (un bon ?) après-midi.

dimanche 8 octobre 2006

Dieu seul le sait...

La perte de mémoire est un ressort scénaristique pouvant donner des résultats géniaux.
Memento est un film dont l'action se passe à rebours, par tranches de 15 mn. C'est l'histoire d'un homme qui ne conserve que la mémoire immédiate, il se laisse des messages, se tatoue des indices... Le film n'est pas facile à suivre, mais très amusant à remettre dans l'ordre... et la fin amène un coup de théâtre génial.
La mémoire dans la peau est un film d'action typique américain, mais avec en prime la belle allemande Franka Potente. Un homme est repêché en mer, avec des balles dans le corps, sans mémoire. Il doit deviner qui il est car on veut le tuer... L'action est soutenue, c'est bien fait, bien filmé, bien monté... Mais bon, ce n'est pas un chef d'oeuvre non plus... c'est de la bonne série B.
XIII est une BD de Van Hamme qui part exactement de la même idée. Il la complique en faisant du héros le tueur du président des USA (rappelant fortement JFK). Tout le monde est à ses trousses, et lui, en quête de vérité, se jette dans la gueule de plein de loups ! La série est amusante à suivre jusqu'à un certain point, car Van Hamme, pour faire durer la sauce, nous embranche sur un autre mystère parallèle à éclaircir... Le dessin par contre est horrible, sans vie. Vance est amateur de photocopie et le résultat est nullissime... Pourtant il dessinait dans tintin des séries que j'aimais bien (Bruce J. Hawker et Bruno Brazil).
Soda raconte l'histoire d'un flic de NYC qui se fait passer pour un pasteur aux yeux de sa mère cardiaque. Dans le #10, il devient amnésique, et croit qu'il est réellement pasteur. C'est une série qui paraissait dans Spirou, donc souvent assez drôle, mais quand même assez violente. Sa prépublication a été interrompue, et la série mise en stand-by.

Le rêve que le lieutenant David Solomon fait en début d'histoire (planche 1) est prémonitoire car il met en scène XIII, l'homme sans souvenirs, tatoué sur la clavicule. Le clin d’œil de la série à XIII va plus loin, car à chaque page, le dessinateur s'est débrouillé pour noter "13" dans un coin.

Les idées ne sont pas fameuses, mais le pari est tenu. Sur la première image (planche 3), 13 est écrit sur le déodorant posé sur la petite tablette en hauteur. Le réveil indique 7:13 (planche 2) et la casquette du réparateur d'ascenseur (planche 7) porte le n°13. Le triporteur se crashe dans "thirteen fashion" (planche 13) et XIII est tagué en bas à gauche de la cabine téléphonique près de la boutique au auvent n°13 58 (planche 20).
Sur la table de chevet (image 2), Soda a posé un livre : il s'agit de The Bourne Identity de R. Ludlum, ayant inspiré La mémoire dans la peau et sans doute la série XIII à Van Hamme.

Un clin d’œil plus sympathique est rendu plus loin à la série. Soda et sa mère regardent le show d'Oprah Winfrey à la TV, dont le thème est "L'amnésie, mythe ou réalité". Le premier invité est un docteur : c'est Jean Van Hamme. Il concède que ce phénomène est rare, sauf en BD, où il est un sujet de prédilection pour les scénaristes en mal d'inspiration.
D'ailleurs, dans le public, on reconnait 2 scénaristes ayant employé ce stratagème : Tome, scénariste de Soda et le scénariste très connu d'une série archiconnue. A vous de le découvrir.

samedi 7 octobre 2006

Le temps d'un album

Combien de temps met un dessinateur pour réaliser un album ? Ca dépend. Sfar (qui se moque du monde en bâclant de plus en plus le dessin) en sortait un chaque trimestre. Andréas qui aime dessiner, qui ne fait que ça, en sort généralement 2 par an (1 Arq et 1 Capricorne plus des hors-séries occasionnels). Lidwine, Vicomte ou Bourgeon en sortent un tous les 6 à 10 ans... Chacun des auteurs cités réalisent à la fois le scénario, le dessin et la mise en couleur...
Warnauts et Raives, qui dessinent à quatre mains, nous laissent des indications, sur des plaques d'immatriculation de voitures essentiellement. C'est une sorte de journal de leur vie. Un dessin qui prend du temps, gravé dans l'instant...

- Dans Lettre d'Outremer
page 63 : 01/05/94
page 87 : 03/09/94
page 100 : 13/08/94
page 103 : 30/09/94
page 104 : 29/09/94
Réalisé entre fevrier 93 et novembre 94
Les pages ne suivent pas l'ordre chronologique parce que les dessinateurs travaillent peut-être chacun de leurs côtés, qu'ils retournent sur leurs planches...

- Dans La contorsionniste
page 9 : 03/06/96
page 30 : 26/07/96
page 47 : OC.25.96
page 52 : NV.19.96
Dernière page (n°68) notée "décembre 96"

On arrive donc, en gros à 1,9 jours par planche pour Le centaure tatoué, 3,7 jours pour Lettre d'Outremer et 3,3 pour La contorsionniste.

vendredi 6 octobre 2006

Entre sorciers

Mélusine est une série de Gilson dessinée par Clarke, aux éditions Dupuis-Dargaud-Lombard. On la retrouve régulièrement dans le journal de Spirou.

Elle jette un sort pour faire pousser un arbre très vite. Evidemment, ça nous rappelle la magie du bon vieux Panoramix dans Le domaine des dieux lorsqu'il a fallu reconstituer la forêt après sa destruction par les romains (ils sont fous !) pour réconforter Idefix.  Si on arrive à déchiffrer, on lit le domaine des dieux !

jeudi 5 octobre 2006

Hitchcockage

Hitchcock se mettait en scène parfois dans ses films, très brièvement, juste le temps de ne pas le voir... En BD on a le temps de revenir en arrière, de s'attarder sur une case...
(A propos de cinéaste, ici il parait que Klapisch se cache aussi...).
 
Alfred est représenté dans Spoon et White de Léturgie et dans Maëster ... et boules de gomme. Ces deux auteurs se dessinent d'ailleurs très souvent, à la manière d'Hitchcock...
D'abord, je ne vais pas trop m'attarder sur les BD autobiographiques, de plus en plus nombreuses, notamment chez les petits éditeurs, qui croient avoir inventé ce genre (ci-dessous l'atelier de Blutch qu'il partage avec Dupuy). Les BD aujourd'hui sont plus introspectives, sans être forcément le reflet de la vie de l'auteur. Quelques blogs sont maintenant édité en papier (je trouve ça absurde, même si certains considéraient dès le départ ce média comme outil de prépublication).
En puis, certaines BD me posent problème : celles réalisées en studio (ci-dessous Hergé dans Quick et Flupke). Qui a dessiné Hergé ? Lui ou un de ses collaborateurs ? Quand on voit Cubitus dans Achille Talon, c'est Dupa qui a dessiné son héros ou Greg qui fait coucou à son assistant ?? Ces 2 là sont morts, je ne risque pas d'avoir la réponse...

Les dessinateurs se prennent pour modèle pour dessiner une expression, face à un miroir. De manière inconsciente, il en résulte un visage se rapprochant plus ou moins de l'original. Ainsi, le méchant Olrik a des airs de Jacobs. Achille Talon, portrait du père de Greg, est devenu celui de Greg. Jonathan est Cosey (même s'il le conteste, confiant qu'il aimerait lui ressembler)...
 
Walthéry dans ses oeuvres (le stewart de Natacha s'appelle Walter, et lui ressemble bigrement).
Lorsqu'ils se dessinent volontairement, est-ce parcequ'ils s'aiment tant ?? Souvent, ils se dessinent en compagnie de leurs scénaristes (Adamov dans Les eaux de Mortelune, Alexis Dans la joie jusqu'au cou, Barral dans Baker street, Bilal dans une histoire de Dionnet, Dermaut dans Les chemins de Malfosse...) ou de l'équipe de dessinateurs du journal (en particulier dans Pilote et Fluide glacial) : du coup, ils sont un peu obligés de se dessiner. C'est aussi un chalenge : Maëster et Caza (quand il était drôle) se dessinent dans chaque historiette. Mais c'est quand même très souvent pour s'amuser, tout simplement... Ils tiennent le mauvais rôle : Chéret se fait emprisonner dans Domino, dans L'école Abracadabra, la voisine frappe les 2 auteurs, Delisle est menotté dans Inspecteur Moroni comme Ernst dans Les zappeurs, Fournier a creusé sa tombe dans Spirou et Fantasio après avoir failli se faire écraser...
Ceux qu'on retrouve le plus sont : Alexis, Béhé (qui écrit son nom sur toute sorte de support), Binet, Boilet (qui ne dessine que d'après photos !), Caza, Coyote, Dupa, Dupuy et Berberian, Fournier, Franquin, Hergé, Janry, Léturgie, Maëster, Malik, Margerin, Mittei, Robinson, Trondheim, Walthéry et Zep. Il s'agit de BD du registre 'comique'.

mardi 3 octobre 2006

Saïgon-Hanoï-Suisse

Luka est une série de Mezzomo et Lapière parue dans la collection "ados" (Repérages) de Dupuis. C'est de l'aventure, avec des morts, une enquête... Le dessin se dégrade assez vite au long de la série, moins fouillé, moins précis, semble très bâclé. Je ne suis que très rarement amateurs des scénarios de Lapière... Bon, là on est vraiment dans la série B, je n'en attendais pas grand chose. Dans le 1er tome C'est toujours une histoire de femme, la télé fonctionne chez les gens chez qui Luka loge. C'est les grosses têtes, Monsieur est amateur de questions...
  
La question posée vient de M. Cosey... Bon d'accord, petit clin d’œil au suisse Bernard Cosandey, amateur de montagne (en particulier du Tibet), cet épisode de Luka se passant aussi à la montagne... La question qu'il pose renvoie à un de ses livres : Saïgon-Hanoï. Une gamine passe Noël chez elle, toute seule, et pour s'occuper, elle appelle les gens au hasard. Enfin, pas vraiment au hasard, elle a été séduite par le nom de notre héros, qu'elle a trouvé "abstème et guilleret"... Voila, magnifique clin d'oeil en 2 temps ! Impossible d'oublier ce mot après la lecture de cet album, Homer ne le connait pas (lui non plus) et l'écorche à plusieurs reprises... Ce livre est l'histoire d'une rencontre, d'un début d'amitié, entre un "Vietnam vet" et une gamine, au téléphone, sur fond de pèlerinage au Vietnam...
C'est un de mes préférés surtout parcequ'il me ramène à la lecture de Cosey. Qui, il faut bien l'avouer, est un de mes auteurs fétiches, et depuis des années. Dans le journal de tintin, je trouvais ses histoires sans intérêt... il m'a fallu du temps pour apprécier Jonathan et à la recherche de Perter Pan. Ses histoires parues chez Aire libre (Le voyage en Italie, Orchidea, celle-ci et les autres) sont très belles, très sensible, souvent tristes.

lundi 2 octobre 2006

Ceux qui achèvent...

Que deviennent les héros lorsque leurs créateurs meurent ?
Spirou et Fantasio appartiennent à Dupuis, l'éditeur de la série, qui décide qui peut les reprendre. Rob-Vel, Jijé, Franquin, Nic et Janry les ont abandonnés de leur vivant... Hergé a interdit qu'on reprenne Tintin. Jacobs, lui, a laissé la porte ouverte à une reprise de Blake et Mortimer. Bob De Moor a terminé le 2ème tome des 3 formules du Professeur Sato et Ted Benoit (avec Jean Van Hamme) a réellement repris la série quelques années plus tard (son rythme étant trop, beaucoup trop lent, les éditeurs ont demandé à Juillard et Sente de poursuivre la série, en parallèle). Roba a légué ses Boule et Bill à Verron, qui l'a d'abord assisté dans ses travaux... Il est mort peu après, mais la survie de ses enfants était préparée... Johan raconte son émotion de terminer Cori le moussaillon après la mort de son père Bob De Moor. Au moment où il perd son père, il dessine Cori qui retrouve le sien (dans Dali Capitan)...
 
La série géniale des Superdupont a été créée, d'après la légende, par Lob d'un côté et Gotlib d'un autre. Plutôt que de se faire de la concurrence, ils se sont associés, scénarisant chacun une histoire sur 2. Les dessinateurs ont été nombreux à dessiner ce héros 100% français : Alexis, Gotlib, Solé, Coutelis, Goossens et même l'américain Neil Adams (dessinateur de Superman, Batman...). Lorsqu'Alexis meurt, en 1977, il est très jeune (un peu plus de 30 ans), et laisse derrière lui une œuvre en devenir, mais pourtant majeure (à lire absolument les Timoléon scénarisés par Fred et Al Crane par Lauzier). Il meurt sur une planche de Superdupont. Les 2 premiers strips sont encrés et gommé, et sur le 3ème et dernier strip, la première case est encré alors que les 2 dernières sont encore à l'étape du crayonné, seuls les caractères sont encrés. Gotlib reprend la suite de l'histoire, dans son style, beaucoup moins réaliste que celui d'Alexis, beaucoup moins sensible...

Auclair avait réalisé Celui-là en 89 avec Riondet. Il reprend son personnage pour un ultime périple... Auclair meurt en 90, à 47 ans. Son personnage meurt sur son dernier dessin ! L'album s'intitule Celui qui achève. Il laisse 3 planches de crayonnés, reprises telles quelles dans le livre. Tardi poursuivra l'histoire, et Mézières l'achèvera. Chacun des 2 auteurs, amis d'Auclair, réaliseront 3 planches, pour que l'ouvrage puisse paraître...

Dethorey a réalisé des livres chez Glénat, dans la collection Vécu, où paraissent des ouvrages souvent sans grand intérêt. Son talent a éclaté avec ses livres parus dans la collection Aire libre de Dupuis : L'oiseau noir et L'exécution sont des BD essentielles. Sa mise en couleur est douce et subtile, il en usera dans Louis la guigne, qui prendra une autre dimension dans la collection Vécu, au même titre que les séries de Baron-Brumaire et de Prudhomme.
 
Le passage de Venus raconte l'histoire d'une expédition scientifique au XVIII ème siècle. Les personnages sont attachants, l'histoire bien menée, le dessin comme une passerelle pour le récit. Dethorey meurt d'un cancer en 99, à 64 ans, lors de la réalisation du 2ème tome, de cette série prévue en 3 tomes. L'éditeur, Claude Gendrot, ne veut pas laisser les planches orphelines. Il demande à Bourgeon de terminer l'histoire, qu'Autheman a adapté pour la circonstance. Elles seront en noir et blanc, pour laisser la couleur aux mains de Dethorey, dont c'était le plaisir... Autheman ne voudra pas terminer la série...

Will est un auteur de la grande époque de Spirou. Il a repris Tif et Tondu, a assisté Franquin pour les décors de Spirou et Fantasio et Peyo pour Benoit Brisefer et Jacky et Celestin. Il a créé par la suite la série Isabelle sur des scénarii de Franquin et Delporte. Ses BD les plus intéressante paraissent chez Aire libre (Le jardin des désirs et La 27ème lettre). Après une longue absence, il retourne à la BD avec L'arbre des 2 printemps, sur un scénario mince, maladroit et simpliste. Il meurt au cours de l'élaboration de la 6ème planche (les cinq premières étant déjà mise en couleur).
 
Une foule d'auteurs a participé à publier cet album, qui n'est pas vraiment un livre de Will... On peut jouer à deviner qui a dessiné quoi (chacun l'a fait dans son propre style), c'est amusant. Le résultat tient plus d'un coup commercial que d'un réel hommage ! Le plus intéressant se trouve en "bonus" : on trouve en fin d'album quelques tableaux réalisés par Will... très beaux.

Pour éviter ce problème d'éventuelle reprise d'un personnage, certains auteurs tuent leurs héros. Buddy Longway a vieilli tout au long des 20 albums, c'était une conclusion logique. Trondheim en a marre de la BD, du système, de tout : il tue Lapinot, froidement, sans émotion. On la sentait venir, sa déprim'. Franquin a bien failli anéantir Spirou, Fantasio, et tout le village dans Panade à Champignac, son dernier Spirou.
De nombreuses séries tombent dans l'oubli après la mort de leur auteur... C'est dommage, mais pas tout le temps...

dimanche 1 octobre 2006

Des peintres en case

Certains dessinateurs se sentent mal à l'aise face à la peinture, véritablement élevé au rang d'art. La BD est bien le 9ème art, mais juste après la télé... ce n'est donc pas une si bonne place. Elle est décriée dans les médias, réduite à une occupation pour gamins ou attardés. Pour parler d'un mauvais film, on entend souvent dire que c'est comme une BD... La BD n'est pas un vrai livre... C'est absurde, et ceux qui disent ça n'ont bien entendu jamais lu de BD, ou alors des BD pour enfants, ou des mauvaises BD. Toujours est-il que les grands auteurs de BD quittent ce milieu pour obtenir une vrai reconnaissance, des médias toujours.
Hergé, à la fin de sa vie était amateur de Warhol & co, il aurait voulu peindre, mais il en a été dissuadé, par son ami galeriste notamment. Bilal et Druillet se sont orientés vers le cinéma, vers la peinture... Brétécher expose ses portraits, Will ses femmes et ses paysages.

On trouve quelques références à la peinture dans les BD (je n'en ai noté aucune lors de mes lectures, ça va être dur de retrouver tout ça...). Dans le #3 de La vache de De Moor et Desberg, le dauphin se civilise et loue une petite chambre, sans doute à Arles. Le radeau de la méduse de Géricault est très souvent représenté (ici dans Pravda de Pellaert). Je me souviens d'avoir vu les pirates (Barbe Rouge & co), après une rencontre avec Astérix, dans un tel radeau.

Dans le #1 du Vent dans les saules, album assez contemplatif, Plessix fait voyager ses petits animaux à travers de jolis paysages. On reconnaitra Monet en train de peindre dans un champs et page suivante, Le déjeuner sur l'herbe de Manet... (en préambule, l'auteur remercie Monet, Van Gogh et Klimt).

L'origine du monde de Courbet est bien caché... Je ne l'avais pas trouvé.

L'angelus de Millet a été beaucoup représenté (à commencer en peinture, notamment par Dali).
A la fin d'Astérix chez les belges, on assite à un banquet de Bruegel.
Et puis bien d'autres trésors cachés...