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samedi 9 février 2008

Lectures de février -2

Thomas Azuelos - Abigaël Martini
#2 La nuit des enfants
 - 2007 Carabas

J'ai découvert ce bouquin au stand Carabas à Angoulême, je ne pensais pas que le  précédent serait le début d'une série (l'auteur le savait-il lui-même ?). Je le feuillette et l'achète. Et voilà-t-il pas qu'Azuelos est là, s'installe pour les dédicaces (dans une bulle à l'écart des autres, où règne Soleil, il n'a pas du avoir grand monde...).
Abigaël Martini est envoyée enquêter à Marseille. Où elle tombe comme un cheveu sur une bouillabaisse. Une fois de plus elle est mise à l'écart, enfin, elle se trouve à l'écart. Elle mène discrètement son enquête, y allant aussi parfois avec ses gros sabots de grosse naïve.
On est prit entre deux versions d'un drame, se trouvant ballots d'avoir pris parti pour l'un des deux... La situation n'est pas aussi simple qu'on pouvait le croire.
Le dessin est tout simple, entre ombres chinoises où la silhouette d'Abigaël se découpe nettement, et trainées de peinture. Cette suite m'a tout autant enjoué que son début, et un troisième tome est en préparation.

Rossi, Dorison et Nury - W.E.S.T.
#3 El Santero - 2006 Dargaud

Voila une série que j'ai arrêté. J'ai acheté le #2, pour fermer le dyptique. Et pourtant je suis fan de Rossi. Julius Antoine, Les deux horizons, Hera et Tiresias, et même ses oeuvres de jeunesse. Bon, je trouvais qu'il perdait un peu son temps avec Jim Cutlass... Mais là, carrément. Le dessin est toujours aussi beau (sauf quand il arrête son cheval, on a l'impression qu'ils vont se foutre par terre) et les couleurs, sable et sang, renforcent la beauté des pages.
On suit les aventures d'un groupe de pré-CIA (qui rappelle un peu Bruno Brazil) dans une atmosphère surnaturelle. Ici, on est en plein conflit politico-financier à Cuba, à l'ombre d'Ogun. Les personnages ne sont une fois de plus pas attachants, pas sympas, du mauvais coté de la force. Les situations parfois pas trop naturelles (les gens ne se présentent pas lorsqu'ils en rencontrent d'autres, rentrent boum dans le vif du sujet)... Vivement que Rossi arrête cette série !!!

Clérisse - Jazz club
2007 Dargaud - Long courrier

Alors voila. Une BD pré-publiée sur internet (Coconino de Smoldo), avec un dessin à l'ordi, des couleurs horribles. Et pas de scénario, parce que c'est ringard. Sur les traces du Garage Hermétique de Moebius, parce que Moebius est un maitre, et ce bouquin légendaire. Mais que quelqu'un le lise maintenant, honnêtement !!! C'est comme les bouquins de rêve de David B., facile, pas de scénario, pas une BD donc. Par contre, je trouve que Clérisse s'en sort plutôt bien ici. Même s'il reste plein de mystères, les bouts d'histoires sont cohérents, et amusants.C'est pas un chef d'oeuvre, assez décevant (la collection Long courrier est censée être l'excellence de Dargaud, comme Aire libre pour Dupuis et Signé pour le Lombard). Allez, y a beaucoup mieux à lire...

lundi 28 janvier 2008

Angoulême - jour J

Angoulême #35.
Mon Angoulême 10 environ.

Arrivée de Bordeaux, jeudi, un peu avant 9h. Laurent arrive de Paris à 9h30, mais son train est annoncé avec 30 mn de retard, il en rattrapera 20. Fait frisquet ce matin. Les années passées, on louait un gîte, assez éloigné d'Angoulême, de 20 à 40 km. En pleine campagne, on profitait de la cheminée, et les ceuces qui nous accompagnaient, pas forcément fans de BD, y trouvaient leur compte. Depuis l'année dernière, on fait du zéro-voiture, en logeant chez l'habitant, et cette année de manière très autonome, dans un petit appart, à 70 € la nuit, en plein centre de la ville des bulles. On dépose nos sacs, et vers 11 h, on arrive face à la mairie, où des panneaux à pieds de schtroumpfs racontent l'aventure de Peyo et de ses studios. Les bulles ont changé de place, et je ne m'y suis pas fait. Tout au long du séjour, je me suis planté complètement !  

A 11h40, j'ai fait cette photo, dans la bulle des halles, dédiée à la para-BD. Je fonce à la rencontre de Cédric, le belge de Forbidden zone, à qui j'ai commandé des ouvrages d'Alec Séverin (j'y reviendrai).

La visite de l'expo de Lax (La+x = la croix = Lacroix !) est vite expédiée à l'hotel de ville, et le machin de manga superbement ignoré.

Blutch par Blutch

En début d'après-midi, on écoute Blutch, dans la bulle New-York (anciennement "espace para-BD", et cette année devenue "espace éditeurs", en fait, plutôt : petits-éditeurs). Blutch en a assez vite marre de parler de sa future BD, qui n'est pas une BD, est exaspéré de parler de lui. Il en a marre de la BD. Il fait ses dessins pour lui, de manière très égoïste. Pour retrouver, comme Guibert, ses émotions d'enfant, dessinant sur les marges de ses cahiers. La BD est une écriture, ça n'est pas du dessin. Et lui, apparemment, n'aime pas écrire, mais adore dessiner. Son nouvel ouvrage, dispo en avant première au festival, est une succession d'images. Avec une mauvaise fois digne de Menu, il dit que ces images racontent une histoire. Mais Blutch se fout de nous, n'en n'a rien à faire de nous. Je suis allé à sa rencontre lors d'une séance de dédicace, il y a quelques années. Mais il met tellement de distance avec ses lecteurs, que toute discution est impossible. C'est un mur, ou plutôt, le lecteur est un mur. Ce fut un très mauvais souvenir (m'enfin, je ne l'avais pas obligé à venir à ce festival !).

L'idée de La beauté vient de son expérience sur le film Peur(s) du noir. Travailler sur un film (à paraitre prochainement dans toutes les salles), c'est forcément faire des concessions, c'est forcément déléguer. Il voulait faire une comédie musicale, mais les difficultés techniques et financières l'en ont empéché. Ca a créé des frustrations créatrices. Le titre même est une volonté de choquer. La beauté ? pourquoi pas "La pitié" ! Et puis, Blutch voulait parler d'érotisme, parce c'était un défit. Mais le résultat est selon lui, assez différent de son idée de départ.
Il voulait éclater les règles de la BD, retrouver une liberté. Mais c'est une école difficile. Il s'est fixé des règles, a tracé des cadres pour ses images, s'est obligé à des exercices, comme adapter des tableaux célèbres. Ca a été le moyen pour lui de retourner à l'école, et il en est ravi. Il parle de Poincelet, qui comme lui, fait des dessins sans beaucoup avoir recours à une histoire. Il ne lit pas de BD, cite Courbet, Baltus, Newton (avec son coté vulgaire et artificiel), Ferreri, Peter Arnaut (qu'il voulait singer), Bunuel, Dilinger, Julio Romero Tores, Chardin... Le voila qui tombe au champ d'honneur des petits miquets, comme Bilal ou Druillet. La peinture, le cinéma, voila des arts majeurs !!!

dimanche 23 septembre 2007

Une chanson de Trenet

Je ne connais pas Azuelos. Carabas est une toute petite maison d'édition, avec très peu de nouveauté par an... J'ai été tenté de l'acheter à sa sortie, puis, devant mes erreurs nombreuses d'achats dépités, j'ai freiné des 4 fers. Je l'ai donc lu à la bibliothèque. Et j'ai adoré.
Le trait est très agréable. J'ai lu qu'on le comparait à celui de Tardi, comme quoi on dit vraiment n'importe quoi. Celui-ci est vivant, très personnel. Le dessinateur n'est pas un virtuose, mais c'est comme pour tout, ce que j'aime, c'est sentir l'âme, pas la technique (c'est pour ça que je préfère Polly Jean à la Callas). Bon, en plus s'il y a la technique... Abigaël entre dans la vie, prend doucement sa place dans ce monde de flics de mecs. Elle hésite... elle se cogne, on l'ignore... Elle prend en main peu à peu et maitrise enfin. Son air guindé ne trahi pas son esprit libre qui sommeille. Elle boit un coup et nous fait rire de sa douce folie. Elle couche un peu vite, avec des types bien, bien choisi par sa mère, dont elle a un peu de mal à se démarquer.
Elle a un ange gardien, qui apporte une fabuleuse épaisseur magique au livre.
Vraiment très bien... J'ai mis 14/20.