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lundi 21 octobre 2024

La bande dessinée

Ah mais lui : je l'adore depuis Jade... et de plus en plus.


Jousselin, dont on avait vu une expo à Quai des bulles se prépare pour un Imbattable à Bruxelles

dimanche 26 mars 2023

Les lettres de noblesse

J'écoute toutes les émissions "bd" de radio france (même les centaines avec Sattouf et Meurisse), et franchement, y a rien qui m'horrible-pile plus que "roman graphique". Les journalistes qui veulent se la péter, où ne pas paraitre ridicules face à leurs collègues des sections politique ou société, sont très contents de ne pas dire "bédé". Ça fait pas sérieux. Y a de plus en plus d'auteurs qui s'y mettent aussi... les scélérats.
Parce qu'en faisant ça, tous discréditent la BD, sa richesse, ses potentialités... parce que la seule différence entre les deux termes est la langue : "roman graphique" est la bête traduction de "BD" depuis l'anglais.
J'avais été soulagé il y a quelques années de lire l'épatant Jousselin, aujourdhui, c'est Faustine Tarmasz qui rassemble tout un tas d'auteurs avec sa note.

sur instagram hier soir

Merci à elle.

mardi 28 janvier 2020

Complètement BD

Aujourdhui, c'est BD sur inter ! Ça sent la Charente.
Je n'ai écouté que Par Jupiter, je ne me suis pas bien rendu compte de l'évènement... Pourtant, je suis ce qui se dit de la BD sur inter ou france-culture : ça m'amuse de voir que ce sont toujours les mêmes auteurs qui sont invités, et que les tournées de promos squattent tous les créneaux.

Alors effectivement, la BD n'est pas en crise ce mardi

-7h : Zoom de la rédaction avec "Au pays des mangas", un reportage au Japon de Laetitia Gayet (mon dieu !!) et Pop & co de Rebecca Manzoni
-9h : Boomerang d’Augustin Trapenard (arg !) avec Charles Burns auteur de la série Black Hole 
-9h40 : L'instant M de Sonia Devillers avec Grégoire Hellot, directeur des éditions de manga Kurokawa
-11h : La Bande Originale de Nagui avec Ariane Chemin et François Krug pour Benalla et moi et Amélie Mougey journaliste et rédactrice en chef de La Revue dessinée
-13h : Le journal de Bruno Duvic
-15h : Affaires sensibles de Fabrice Drouelle avec Philippe Collin pour Le voyage de Marcel Grob 
-16h : Popopop d’Antoine de Caunes avec Robert Kirkman, auteur de The Walking Dead, Invincible, Marvel Zombies…
-19h20 : Le téléphone sonne de Fabienne Sintes : Apprendre à lire de bulle en bulle avec Pascal Mériaux, directeur de l’association On a marché sur la Bulle et organisateur du Festival de BD d’Amiens, Jul (non c'est pas possible), auteur de bandes dessinées et Laetitia Gayet, spécialiste BD à France Inter (non, je ne crois pas non)
-22h : Le NRV de Laurent Goumarre : 2020, l’année de la BD, ça rentre ou ça case ? avec Jul (non mais vraiment non), auteur de 50 nuances de Grecs et Vincent Monadé, président du CNL, Thierry Laroche, éditeur chez Gallimard BD et Florence Cestac, auteure de BD et marraine de l’année de la BD

Et pendant le festival : 

Popopop à 16h, Antoine de Caunes et Charline Rouxrouxroux invitent un auteur de BD chaque jour :
-Lundi 27 janvier : Juanjo Guardino et Alain Ayroles pour Les Indes fourbes 
-Mardi 28 janvier : Robert Kirkman, l’auteur de The Walking Dead, Invincible, Marvel Zombies…
-Mercredi 29 janvier : Blutch et Robber pour la sortie de Tif et Tondu 
-Jeudi 30 janvier : Christian Rossi auteur de La ballade du soldat Odawaa 

Par Jupiter ! à 17h avec Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek :
-vendredi 31 janvier en public et en direct du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême avec Guy Delisle auteur de Ici et Ailleurs.

La librairie francophone à 14h avec Emmanuel Khérad :
-samedi 1er février, dans le cadre du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et de l’année de la BD en France avec Michel Rabagliati pour Paul à la Maison, et Christophe Blain pour Amertume Apache et d’autres invités à venir.

jeudi 30 novembre 2017

Vivès est pop ?

Y m'fait marrer De Caunes. Dans cette émission de milieu d'aprem, sur France inter.

Aujourdhui : Bastien Vivès (et un peu Balak). Y cause de Choron et de Blutch (Variations est le livre pop de Vivès, et Blutch sera l'invité de l'émission la semaine prochaine).

L'année "pop" a commencée avec Bagieu, puis on a eu des vrais auteurs, comme Zep, Cartier, Trondheim, Gaston, Marini, Sattouf, Salch, Hewlett, Edika, et donc cet aprem : Vivès & Balak.
On a entendu Vivès récemment sur inter dans Remède à la mélancolie.

dimanche 5 novembre 2017

La BD par les ondes

J'écoute France inter régulièrement : des émissions ou des chroniques que je suis, où des émissions dont je guette le générique pour voir si l'invité vaut le coup (impossible de supporter 10mn de Nagui & kaddour-boudadi si y a pas au moins... Blutch).
Je râle souvent de l'omniprésence de certains auteurs... Sattouf, Sapin, Sfar, Bagieu !! Je râle parce qu'ils squattent les ondes, et surtout parce que je trouve qu'ils sont loin de mériter toute cette attention. Il y a, à mon avis, au moins une centaine d'auteurs qui mériteraient de faire connaitre leur travail, des artistes beaucoup plus intéressants, ou importants. Ils ont compris une chose : pour passer dans les médias, faut faire des bouquins sur des gens connus. Comme si seul le sujet d'un livre était important... pas besoin de faire l'effort de se pencher sur la façon dont il est mis en œuvre, mis en image... évitons de parler de BD, donc. Et faut faire aussi du cinéma (sont pas cons : z'ont vu comment a "réussit" Bilal).
J'ai fait le compte (m'énervent tellement, que j'ai l'impression qu'il n'y a qu'eux dans le poste), en visitant le site de la radio, et en regardant quelques émissions en particulier.

Alors : oui, c'est flagrant, la bande incriminée est très présente. Mais j'ai oublié Zep, Vivès, Trondheim et Séchan.
Zep : c'est le bon client, le gros vendeur (les auditeurs des émissions généralistes en ont quand même entendu parler). Et puis j'adore ce qu'il dit des reprises des séries, principe jamais remis en question (y compris dans le reboot des cahiers, revue pseudo-intello hypra-commerciale).
Vivès est très productif (il a beaucoup d'actu donc), et a été invité également pour l'adaptation ciné de Polina.
Trondheim, comme le précédent, très productif, et bon client, et connu comme Sfar par les "programmateurs".
Et Lolita Séchan, mon dieu ! C'est du pure people, désolant.

On cause BD quand des évènements se présentent : les 60 ans de Gaston, Angoulême, les rétrospectives Goscinny à Paris, les décès marquants (Mix & Remix, Gotlib).
Les BD sur les vedettes ont attiré les médias : on a causé de Marini pour Batman, de Cartier pour les Ramones, Louison pour Hollande, Ferrandez pour Camus, Veyron pour Tolstoï...
De Mézières à travers le désastreux film de Besson, de De Pins pour son adaptation de Zombillenium... Des adaptations de Polina et Seuls... La BD par le mauvais bout de la lorgnette.
On parle assez peu de la BD pour la BD... de la sortie d'un chef d’œuvre, d'une expo discrète...
Il n'y a que très peu de presse critique (9eme art n'existe plus, Le labo a pété ses éprouvettes, Bédéphile ne parait qu'une fois par an...), faut pas regretter qu'une radio commerciale ne s'y mette pas.

En fait, j'écoute plus FIP, mais niveau BD, faudrait que je me branche sur France culture.

mercredi 4 octobre 2017

Viens faire des "boum-shebam ! blop ! pop ! wiiiiz !"

Pascal Jousselin réalise des histoires d'Imbattable dans Spirou depuis mai 2013. Franchement, je ne trouve pas ça terrible sur la durée... une série avec ce personnage n'était pas une bonne idée... des petites animations dans le journal auraient eu plus de force.
Dans Jade, il faisait des trucs très chouette, ses Mastodonte sont toujours parmi les meilleurs.
Et de temps en temps, Spirou nous présente quelques-unes de ses fulgurances, des strips très malins :

in Spirou #4148 (à paraitre la smaine prochaine)

jeudi 23 juin 2016

mardi 16 février 2016

Quelques pas dans l'univers de la bd

Si y a quelques chose qui me hérisse au plus haut point, ce sont les pédants qui disent "roman graphique". Ce sont les journalistes branchouilles qui ont peur de dire qu'ils lisent des bandes dessinées. Alors ils traduisent l'expression ricaine qui signifie bd.

in tintin #40 - 1971

mardi 2 février 2016

Mise à prix

Bien sûr c'était pas drôle drôle. Donner un prix et le retirer ensuite : il y a un peu de cruauté dans le geste. Alors c'est marrant parce qu'en écrivant ça, j'ai l'image d'un type qui donne un jouet à un gamin... et le reprend avec un sourire sadique. Parce que finalement, cette cérémonie ne dit-elle pas ça : le prix, par essence, est un machin pour les gamins ! Une belle image pour le bon élève. Un cadeau à Noël pour l'enfant sage. Le prix rend puéril une profession jugée telle dans les médias, mais qui ne rate pas une occasion de mettre en avant ce trait.
Pourquoi il n'y a pas de prix du meilleur plombier ? Pourquoi chez les plombiers, il n'y a pas de prix du meilleur serrage d'écrou ? Pourquoi mon chef ne me donne pas de prix ?
C'est étonnant que les prix soient spécifiques à des arts, précisément, où le ressenti et l'histoire de chacun entre en compte, où rien n'est mesurable ni justifiable. Les peintures, les films de cinoches, les bd... pourquoi doit-on trouver la meilleure ? Existe-t-il une meilleure pour tout le monde ? La meilleure pour tout le monde a-t-elle plus de valeur que la meilleure de chacun ? Je sais que le moindre trait de Blutch, Cuvelier, Forest ou Prudhomme me touche au plus profond. Je ne sais l'expliquer, je ne les défendrais même pas si un gus me disait que Blutch c'est tout pourri, que Prudhomme c'est tout de travers...
Le prix n'a aucun sens. En tout cas, s'il en a un, il n'a aucun intérêt, à part identifier le groupe qui l'a donné (Sfar pour télérama dit plus de ce qu'est télérama que du talent de Sfar).
Je pense par contre qu'on pourrait donner le prix du meilleur squatter des ondes d'antenne (à ce Sattouf qui m'horripile), à la plus grande production (en kg/an) de bd (Corbeyran au scénario et Sfar au dessin). Là on a un mètre, on mesure, y a pas de doute : tout le monde est d'accord. Mais le mieux, c'est que chacun donne son prix. Qu'on aille chez notre libraire (je parle pas de fnac ou cultura, hein) acheter des BD. Dire à l'artiste combien son œuvre est importante pour soi, et lui faire un bisou à l'occasion avec tout son cœur.

Moi, le truc qui m'a vraiment gêné (qu'il n'y ai pas de femmes dans la liste de grand prix, sans être démago, faut pas déconner, c'était évident), c'est ce prix Couilles au cul. Là, à part Lisa Mandel, on n'a pas beaucoup vu les gonzesses. Calmées par leur ainée primée, qu'a sans doute des projets chez Fluide glacial.
Je pense que le langage forme la pensée, et vice versa. Installer une expression dans le langage, c'est installer un mode de pensée. Qu'importe que le truc machiste soit dit au premier, au deuxième ou au troisième degré, parce qu'il y a toujours un premier degré. Dire que le courage est une vertu masculine est une connerie. Admettre que la société est machiste, qu'il y a des habitudes à changer (c'est pas parce qu'on a toujours frappé les femmes qu'on doit continuer), c'est peut-être là le courage. Merci Lisa.

Et puis, arrêtez d'attendre des prix les gars zé les filles, vous valez mieux que ça.

mardi 26 janvier 2016

Vive la BD

Des lumières d'intelligence, dans tous les coins de ses dessins...

Bruno Duhamel

jeudi 31 décembre 2015

La sélection 2015

Je l'avais fait pour 2013 et 2014.
En gros, voilà les BD que j'ai acheté, lu et aimé plutôt cette année.
L'histoire inachevée, rebidouillée mais suffisante de Trondheim, le bouquin déjà primé de Fabcaro (à juste titre), l'explosion subtile et délirante d'impostures de Dutreix et le ptit sucre de Niko & Bernstein.

La ballade de Duchazeau, des rencontres fabuleuses dans le Pilote de quand on n'était pas encore né de Nicoby, un conte tout doux par 2 talentueux léonards et de la folie nombriliste au killo.

Moreau, il est tout jeune, il a pas fait grand chose, mais que du bon ! Continue gamin ! Que du bon ? Tout comme mes bordelais Guillaume Trouillard et David Prudhomme, qui n'en finissent pas de m'émerveiller. Je ne suis pas fan de R&M, mais avec Vivès, bon sang que c'est juste.

Les Hanuka sont fantastiques, cette bd, franchement, est à dévorer. Et même ce Catharsis de Luz, qui arrive là, et qui arrive à point. Micol, chuis fan. Il a un dessin étrange, mais chais pas : chuis fan !
Et puis, je ne vais pas le redire tous les ans : Last Man, c'est de la balle. Mais trop quoi.

Curieux journalistes

Je suis en train de recenser les "meilleurs albums" de l'année pour les confronter aux miens. C'est surtout que depuis 2 ans je ne note plus les BD que je lis, et je ne peux compter sur ma pauvre mémoire.
Je cherche, je cherche. Du coup je tombe sur la page d'accueil des inrocks. Bah oui, je suis un bobo : scotché à france inter, un peu à l'écoute des avis attendus de télérama et des inrocks.
Des avis attendus ?
Je sais avant eux les ouvrages qu'ils vont chroniquer. Facile : ce sont toujours les mêmes. Les auteurs invités, mis en lumières ?? Toujours les mêmes. Mais là ? Je tombe de ma chaise :

Déjà que l'omniprésence sur les ondes (bon : l'onde) de Sfar et de ses ptits (Sattouf et Sapin) me gonfle passablement, mais cette saturation ici !
Ce n'est pas leur faute, à ces bons clients à l'aise dans l'poste, ce sont ces journalistes sans imagination, sans curiosité... qui font un journal qui, du coup, n'est plus à lire.

lundi 20 avril 2015

Des claques qui se perdent

J'ai découvert Pascal Jousselin dans Spirou. Je le trouve génial, même si ses Imbattables me saoulent un peu en album (typiquement le truc à lire en journal).
Son préambule-ci est bien vu :

Strip paru dans Fluide en avril 2014

mercredi 12 novembre 2014

A bas les reprises

La volonté d'un auteur qui voudrait, ou ne voudrait pas, qu'on reprenne (ou pas) sa série après sa mort est anachronique. Et fait état d'un orgueil démesuré ("je suis mort, mais je suis encore là à décider des trucs"). C'est pas parce qu'Hergé ne voulait pas qu'on reprenne Tintin qu'il ne faut pas le reprendre (et Moulinsart n'est pas contre en plus : ça se fera).
Non : il ne faut pas reprendre les séries d'antan parce que c'est inutile, ça fait mal, c'est réac et ça endors.

Bon quand même, les reprises m'ont toujours intéressé.

lundi 21 janvier 2013

Un monde de requins

Maiana Bidegain était venu causer "statut de l'auteur de BD" à Bordeaux en février dernier, dans le cadre de notre "festival" BD bordelais Regard 9. Elle nous avait dit comment son docu avait besoin d'aide financière, et grâce à Ulule, le film est là !
Enfin, le teaser est là :



Et le film sera présenté à Angoulême...

samedi 13 octobre 2012

Vers la fin du livre, des librairies, des auteurs

Ce qui arrive au monde de la BD est terrible. Les auteurs, en bout de chaine, non structurés, voient leurs conditions de rémunération complètement dégradées. La crise a bon dos.
Il existe des syndicats, qui ne demandent qu'à grossir ! Mais j'ai entendu des auteurs non syndiqués se plaindre que les auteurs (par essence solitaires) étaient trop peu syndiqués.

F'murrr in neuvième art #8

Le peuple uni ne sera jamais vaincu.
Mais je suis horriblement agacé de voir sur des blogs d'auteurs ou d'éditeurs, des liens pour acheter leurs BD sur amaz*** ou BDFu***. Parce que je reste persuadé que la librairie est le point de rencontre entre les lecteurs et les livres... qu'en faisant ainsi, tout ce petit monde se tire une balle dans le pied... Internet est tellement gavé d'informations qu'on (je) est totalement perdu face à l'inconnu (on ne trouve que ce qu'on cherche... faire des découvertes s'avère illusoire).
Certains auteurs appellent les lecteurs à l'aide ou se réfugient sur des sites participatifs (les internautes financent la BD "in-progress")... qui voient sortir des auteurs mutli-séristes, mais heureusement aussi, parfois, quelques premiers livres... Mais le pire est l'arrivée du rouleau compresseur Largo Winch là dedans. La sortie de secours est totalement pervertie, embouteillée par ce genre de machin. Le recueil de caricatures auquel participe Maester ne sera dispo que sur internet... Chaque auteur ne se bat que pour lui, qu'on achète son livre à lui... et c'est vrai que le libraire ne sert à rien dans cette optique.
Il ne faut pas faire confiance aux éditeurs qui voient la rentabilité à court terme, il ne faut pas que les auteurs se battent de manière isolée (parce qu'ils se battent aussi à court terme), il faut laisser aux libraires une chance de sauver le livre... Je crois qu'on n'a que ce qu'on mérite, mais moi, je veux encore des auteurs, de vrais éditeurs, de bons libraires, de belles rencontres dans un monde solidaire.
C'est pas gagné.

dimanche 30 septembre 2012

Sous les bulles, la page

Un reportage est en cours de réalisation : sur l'état de la bande dessinée aujourdhui' et bien entendu, en filigrane : de ce qu'elle sera demain. Peut-être pour qu'on se rende bien compte du chemin sans issue qu'elle prend, que les éditeurs voient bien le n'importe quoi qu'ils publient... parce qu'on n'est pas prêt à bouffer du Delsol ou du Sfar/Sapin/Sattouf (enfin... pas que).
Pour boucler ce beau documentaire, la réalisatrice Maïana Bidegain a besoin de nous, amateurs éclairés... de notre argent (pour l'achat anticipé du DVD qui en résultera).
 
Plus d'info sur Ulule.

mardi 29 septembre 2009

La raison du récit

Il est temps de faire un point. Je crois bien que si. Faut qu'on parle, asseyez-vous tiens.

C'est quoi la BD ?
Les péteurs alti-céans évoquent fièrement le ROMAN GRAPHIQUE. En sous-entendant : ce n'est pas de la BD (ça s'écrit pas pareil), c'est plus mieux (ils l'ont dit dans télérama et sur france inter).
A coté, les lecteurs des tuniques bleus rejettent le noir & blanc parce que c'est trop intello ! Pas loin, il y a les amateurs d'aventures (avec des héros couillus mais honnêtes) un peu perdus au milieu des masses de nouveautés...

J'aurais tendance à dire que la vérité est au milieu de tout ça ! Mais ce serait trop facile, et je ne veux pas rentrer dans une sorte de consensus mou.

J'ai fait toutes les erreurs possibles, en tant que lecteur. Je ne dis pas que je n'en fait plus, mais maintenant que j'ai 64 ans (m'aimerez-vous toujours ?) j'ai atteint l'orée de la sagesse.

J'ai aimé Tintin, puis Luc Orient. Et Comanche, Blueberry, Chick Bill...
J'ai aimé le beau dessin, le truc à l'épate, le machin nouveau qu'a jamais été fait. Tiens : les débuts de Delcourt avec les enfants du Nil, par exemple. Un souffle nouveau...
J'ai aimé Trondheim, Blutch, des obscurs machins à l'assoce (j'ai 3 vieilles cartes d'adhérent dans un coin) ou chez Cornélius. Récemment, j'ai découvert Vivès par le biais de Trouillard...

Et c'est là que j'ai tout compris !

Tout ?

Vivès s'en sort pas mal avec son dessin, mais a encore tout à apprendre. Son talent réside dans la capture des émotions, de moments intimes et vrais... Mais il ne raconte rien !! Il reste en surface, découvre le monde sans le comprendre : un spectateur.
Blutch, un de mes auteurs préféré, dont le premier trait a décoché la mouche de mon âme, a commencé à m'horripiler quand il s'est égaré sur les chemins de sa création : il s'est perdu dans son Peplum, a pété un câble dans Vitesse moderne... et tout le monde s'est efforcé de croire que son triptyque futuropolique avait encore un sens narratif... alors qu'il a affirmé lui même que c'étaient des livres d'illustrations. Un petit monde bobo, méprisant et fat, qui s'auto-rassure...

Menu s'enfonce dans ses incohérences artistiques, sa schizophrénie Spirou-Labo/Futuro... Il est en crise d'adolescence perpétuelle... et on ne cause pas avec un ado en crise... on le laisse grandir, si il veut...
La BD populaire se perd dans de l'aventure sans humanité, sans rêve, au ras-du-sol d'une soupe vomie et remachée, encore et encore... parce que le peuple n'aime pas la surprise...

Je ne relancerai pas la polémique sur l'autobio qui trouve son apogée sur internet. Les auto-blogs ! parce qu'à part "faut l'avoir vécu en direct, avoir lu tous les commentaires et les blogs de ceux qui les laissent" (faut passer combien de temps sur son ordi pour arriver à être membre de cette caste ?), leur défense est dans les cages. M'enfin les geeks : avec un crayon on s'essaye aux hachures, aux pointillés... avec internet je n'ai pas vu pas une seule utilisation pertinente de l'outil (tiens, Marc Antoine Mathieu aurait trouvé des trucs excellents, chuis sûr). Les blogs sont plus performance qu'exposition.

La solution est cette fameuse voie intermédiaire, tracée autour du récit... de ce qui doit être raconté. Avec un ton propre à chaque auteur, mais avec un récit : un truc qui se développe, avec une tension, avec de l'émotion... Cette 3ème voie, évoquée par Vehlmann, mais qu'il n'explore par franchement brillamment. Cette 3ème voie, dont les champs vierges s'étendent à perte de vue sur les ruines des deux vieilles tours indéboulonnables...
Et puis avec un dessin, évidemment ! Mais les flamboyants sans âmes, ou les médiocres qui s'en foutent, font boiter la BD... lui retirant 1/2 point... (en hommage à Fellini ?). Le bon dessinateur trouve sa place, avec un dessin réaliste parfaitement au service du récit, ou en interprétant la réalité avec trait fleur-tant avec un certain réalisme.

La BD est riche de tout ça... C'est pourquoi la BD classique, qui à force de donner des héros en creux, pète ses suspensions dans les nids de poules. Et pourquoi la nouvelle (plus tant que ça) BD, à force de mettre en place des univers sans les animer, est tellement décevante.

samedi 5 septembre 2009

Sales petits mangas

Le manga !
Je ne dois pas avoir lu les bons (litote pour dire que je me suis bien gavé de daubes, jusqu'à l’écœurement). J’exagère à peine. Heureusement, je me suis plongé dans la collec dirigée par Boilet, et honnêtement, j'ai quand même aimé quelques trucs. Petite forêt, et puis Kaikisen ou Blue. Dômu d'Otomo. Et puis forcément Tanigushi... un petit peu. Parce qu'Un homme qui marche : c'est hypra chiant (mais il est quand même de bon ton de louer cette prouesse dans les couloirs de télérama, quand on est fatigué d'étayer le piédestal de Sfar).
Mes enfants lisent les Shonen, voila : c'est un truc d'ado. De l'aventure à 2 balles... sans doute pas pire que ce que je lisais dans tintin... finalement...

Bon, tout ça pour dire que dans Sales petits contes, Yann massacre les manga !

Et pour frapper fort, il s'acharne dessus en détournant ses adaptations des contes de Perrault.
Et pour frapper encore plus fort, il se sert du nippophyle Michetz, dessinateur de Kogaratsu, série bon, ouaif...
Le reproche que Yann fait au manga (où faut aller vite) est étrange. Je trouve au contraire que si les mangakistes pouvaient découvrir l'ellipse, ça serait bénéfique pour le récit !

Glénat est l'inventeur du manga en France. Et Yann, avec son "sale caractère", se jette dessus :

Je n'ai jamais su ce que représentait le logo de Glénat (un bête G ?)... et tiens ! le logo de Dargaud non plus...

Yann se jette aussi sur Camano, Glénaïste confirmé, et amateur de manga. Il est étrange de voir dans ce recueil, une histoire dessinée par Zep (fidèle de Camano).

Yann et Hermann glissent des références nippones (mais pas que) à tire-larigot :

Dans l'histoire de Hermann, on peut lire les noms des mangaka "Otomo", "Miyazaki", "Kansaki", "Toriyama", "Hagi Wara", "Tezuka", "Takeuchi", "Ikegami", "Fumimura".
On lit aussi "Otaku" (dingue fou de manga), "Kamagochi", "Mishima" (un petit seppuku) et "Shirashi" (un petit plat).

Dans ce bouquin, on a finalement un peu de mal à savoir quel conte est adapté. L'adaptation emmène Yann assez loin de l'idée d'origine, et c'est dommage. Souvent poussé par cette haine démesurée du manga. Tiens, Cendrillon est perturbé par Les misérables et le petit chaperon rouge... et même par Radiguet. C'est tout Yann. Y peut pas s'empêcher.

mardi 1 septembre 2009

La fin de la BD est annoncée

Pendant que les blogs des amateurs de BD se regroupent (création de communautés sur overblog, groupes d'abonnés sur blogspot, mises en commun d'avis de lecture...) ou se retrouvent sur des forums (amateurs plus ou moins pointus), les blogs d'auteurs (regroupés aussi en familles, par le biais de liens, tellement nombreux parfois qu'on en vomit par avance), explosent les stat'.
Attention : il n'est pas question des blogs où les auteurs parlent de leurs conceptions de la BD, de leurs travaux, recherches, de l'avancement de leurs BD...

Petite définition tirée du Blade : un blog d'auteur est la copie du blog de Trondheim.

Ça raconte la vie quotidienne et banale d'un type normal. Bon. A la limite, on s'en fout : ce n'est pas de la BD. Ça commence à m'intéresser quand le blog devient un livre. Parce que, bon, je m'intéresse globalement à la BD... Et là on peut se demander si le monde de l'édition ne perd pas la tête. Mais à ce stade de l'article, posons-nous la question : "édition" a-t-il encore un sens quand il s'agit de miser sur le truc dans le vent, un truc qui va faire du flouze ! Les blagues de Toto, Les trolls aux jeux olympiques, Bigard ou Plus belle la vie, Les plombiers ou Les blondes : c'est de la consommation, pas de l’Édition. L’Édition, vous vous rappelez ? Un directeur artistique qui guide ses choix en fonction de considérations véritablement artistiques (Gendrot, Trondheim et Sfar, eux, éditent leurs potes), qui mise sur un talent en devenir, un type qui a une lueur dans l’œil (et ne possède pas forcément une technique impeccable, sortant tout droit de l'animation), qui le suit, le soutient et le conseille...
L'édition (avec un tout petit "e") est attirée par les blogs depuis les succès trondheimesques. Et j'en ai lu des BD d'auteurs issus de ce courant... enfin, souvent pas jusqu'au bout...
Trondheim est un cas particulier, il conçoit son blog comme une prépublication de son livre à venir... puisque maintenant, c'est sûr, ça se vend. Il ne se fatigue même plus à être piquant ou intelligent. Peut-on considérer cet exercice comme de l'Oubapo ? Plus de mise en page, plus d'histoire... oui oui, Oubapo colle bien à ça. Plein de vacuité (j'en suis revenu de l'Oubapo comme des pseudo-éditeurs pseudo-indépendants !!). L'édition des blogs en livre de papier de bois d'arbre n'a aucun sens artistique. C'est une mode, et donc, ça fait du fric momentanément. C'est juste une perte de temps et d'énergie pour le 9ème art. C'est pas grave.

Non, le truc qui m'inquiète, ce sont les récits électroniques, faits de 0 et de 1. Je me souviens d'un vieux CDrom de Blake et Mortimer, d'une de leurs aventures adaptée pour la lecture à l'écran... rigolo... J'ai découvert les BD piratables sur emule, qui existent depuis que les voleurs existent, pas rigolo...
Non, le truc qui m'inquiète vrrrraiment, c'est qu'aujourdhui, des auteurs réalisent spécialement des machins pour des écrans de téléphone. Et quand je dis auteur, je veux parler de Trondheim, alias le fossoyeur de la BD, dont une multitude de bloggeurs mangaphilo-panurgiques emboiteront le pas. J'ai été contacté il y a 3 mois par un diffuseur de ce genre de machin, pour un partenariat de visibilité croisée (sic, si si !)... le mépris que je lui porte m'a empêché de lui répondre d'un laïus plein de gros mots. Martin a tenté de lire Valérian sur son téléphone, et a raccroché. Airhesse est sous le charme...

Mais les nouvelles générations hypra-consommatrices qui marchent dans la rue les yeux rivés sur leurs portables (je suis devenu le roi des croche-pieds) ouvrent un nouveau marché aux éditeurs avec un petit "e". Les auteurs s'engouffreront dans cette voie, parce qu'il faut bien vivre, diront certains. Mais vivre debout, y ont-ils pensé ?

La fin de l'objet "BD" est la fin de l'art BD.

Sale note pour Trondheim... 0 ou 1, j'hésite.